Trois témoignages de membres de l’AMPS

Nous avons reçu les témoignages ci-dessous de personnes issues de trois départements différents, qui étaient initialement sceptiques quant à la nécessité d’un syndicat universitaire au sein de la Faculté des sciences, mais qui ont finalement décidé qu’il était nécessaire. Ces personnes ont compris que l’université d’aujourd’hui ne fonctionne plus comme il y a 15 ans et qu’il est dans notre intérêt, en tant qu’universitaires, de réagir à la situation actuelle plutôt qu’à ce qu’elle était autrefois, afin de la faire évoluer vers ce que nous souhaitons qu’elle soit.

Lorsque j’ai commencé à travailler à McGill, le fait que les membres du corps professoral ne soient pas syndiqués était pour moi un point positif. J’avais eu de mauvaises expériences avec les syndicats dans le passé. À l’époque, tout n’était certes pas parfait à McGill, mais il existait des mécanismes de réforme de nature collégiale. Malheureusement, je ne peux plus en dire autant de l’Université McGill de 2026. Les efforts visant à donner une « logique d’entreprise » à l’Université McGill ont entraîné une augmentation massive du personnel administratif, avec un niveau de soutien limité et même dégradé pour les membres du corps professoral. Cette situation n’est pas propre à l’Université McGill et s’est produite dans toute l’Amérique du Nord. Ce qui est unique à McGill, cependant, c’est le fait que les professeurs n’ont aucun niveau de représentation dans cette situation. Dans le contexte actuel, l’APBM a perdu toute forme de levier. J’ai abouti à la conclusion que le seul moyen de retrouver notre voix, et franchement notre place à la table des décideurs, est de passer par un syndicat. En observant d’autres institutions, je me rends compte que les syndicats peuvent être des agents de changement et apporter des résultats positifs aux personnes qu’ils représentent. Voilà ce qui m’a fait changer d’avis. Nous n’avons pas choisi l’érosion de la collégialité. Mais face à elle, nous pouvons sauver ce que nous aimons de cette université.

J’ai rejoint l’AMPS après mûre réflexion. Je suis membre de l’APBM depuis longtemps et j’ai siégé à son Conseil. Pendant de nombreuses années, j’ai espéré qu’une association professorale forte pourrait protéger les intérêts du corps enseignant grâce à une consultation significative, sans avoir recours à des syndicats officiels. Au cours de l’année écoulée, j’ai conclu que cela n’était pas possible. 

J’ai rejoint l’AMPS parce que la négociation collective offre un moyen de pression, de la transparence et une obligation de reddition de comptes. Comme l’a récemment fait remarquer le Premier ministre canadien dans un autre contexte, si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu. C’est précisément pour cette raison que je soutiens désormais l’AMPS

Bien que j’aie toujours été critique à l’égard des syndicats, je suis de plus en plus frustré par la façon dont McGill aborde nos salaires, nos fonds de perfectionnement professionnel, notre retraite et notre soutien administratif. Même si j’apprécie, approuve et adore le système fondé sur le mérite, je pense qu’il devrait s’agir d’un véritable bonus et non d’une nécessité pour que les salaires suivent l’inflation.

En tant que scientifique, mon approche devant un problème consiste à essayer différentes méthodes pour trouver une solution si l’approche actuelle ne fonctionne pas. C’est pourquoi j’ai décidé de rejoindre l’AMPS, dans l’espoir que cela renforcera notre position dans les discussions avec l’administration de McGill sur la manière d’améliorer les conditions de travail pour tous et de permettre à McGill de rester un lieu attractif pour la recherche.

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